Monsieur le Maire, Madame la Maire, adjoint, mail ou lettre : les formules d’appel et de clôture à employer, avec un tableau de modèles selon le motif du courrier.
Monsieur le Maire, Madame la Maire, adjoint, mail ou lettre : les formules d’appel et de clôture à employer, avec un tableau de modèles selon le motif du courrier.
Pour réussir une formule de politesse au maire, retenez une règle simple : on s’adresse à la fonction, pas à la personne. Le courrier s’ouvre donc sur « Monsieur le Maire » ou « Madame la Maire », puis ce même titre revient, mot pour mot, dans la phrase finale, entouré de virgules. Côté clôture, la considération (distinguée, respectueuse ou haute) convient à presque toutes les situations. La suite de ce guide détaille les variantes selon le genre de l’élu, le motif de la lettre, le format papier ou mail, ainsi que les titres voisins comme celui d’adjoint au maire, avec un tableau de modèles prêts à adapter.
Sommaire
Le maire est le premier magistrat de la commune. À ce titre, il ne se salue ni par son prénom ni par son patronyme : la formule d’appel reprend uniquement sa fonction, précédée de « Monsieur » ou « Madame ». On écrit donc « Monsieur le Maire, » seul sur sa ligne, suivi d’une virgule, et l’on commence le premier paragraphe par une majuscule. Le mot « Maire » prend lui aussi une majuscule de déférence dans l’appel, dans la clôture et chaque fois que vous interpellez directement l’élu dans le texte (« je vous remercie, Monsieur le Maire, de… »). En revanche, lorsque vous parlez de la fonction de manière générale, « le maire de la commune » s’écrit en minuscules.
Pendant longtemps, l’usage administratif imposait « Madame le Maire », le titre étant considéré comme neutre. Les choses ont nettement évolué. La circulaire du Premier ministre du 21 novembre 2017 demande d’accorder au genre les intitulés des fonctions tenues par une femme dans les actes officiels. Le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes, dans son guide pour une communication publique sans stéréotype de sexe, recommande lui aussi la féminisation des titres. Enfin, le 28 février 2019, l’Académie française a adopté un rapport qui reconnaît la légitimité des noms de métiers et de fonctions au féminin, dont « la maire ».
Concrètement, « Madame la Maire » est aujourd’hui la formule la plus conforme à l’usage officiel. « Madame le Maire » n’est pas une faute pour autant : certaines élues la préfèrent encore. Pour trancher, regardez comment la mairie se présente elle-même sur son site, ses arrêtés ou son courrier. Si l’élue signe « la Maire », alignez-vous ; si elle signe « le Maire », suivez ce choix.
Le mot « mairesse » a une histoire particulière en France. Il désignait autrefois l’épouse du maire, au même titre que « la générale » ou « la préfète » qualifiaient la femme d’un général ou d’un préfet. Cette connotation explique que le terme soit resté marginal, voire perçu comme légèrement ironique. Au Québec, à l’inverse, « mairesse » est d’usage courant et parfaitement officiel pour une femme élue à la tête d’une municipalité. Dans un courrier adressé à une mairie française, mieux vaut donc s’en tenir à « Madame la Maire », sauf si l’élue revendique elle-même ce titre.
Le tableau suivant rassemble des combinaisons appel et clôture adaptées aux cas les plus fréquents. Toutes peuvent être copiées puis ajustées : seul le titre et le niveau de solennité changent d’une ligne à l’autre.
| Situation | Formule d’appel | Formule de clôture |
|---|---|---|
| Demande d’un administré à un maire | Monsieur le Maire, | Je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de ma considération distinguée. |
| Courrier adressé à une femme maire | Madame la Maire, | Je vous prie d’agréer, Madame la Maire, l’expression de ma respectueuse considération. |
| Entreprise ou association qui écrit à la mairie | Monsieur le Maire, | Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de notre haute considération. |
| Candidature à un poste en mairie | Madame la Maire, | Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de recevoir, Madame la Maire, mes salutations respectueuses. |
| Courrier à un adjoint | Monsieur l’Adjoint au Maire, | Veuillez recevoir, Monsieur l’Adjoint au Maire, l’assurance de mes sentiments distingués. |
| Élu que vous connaissez personnellement | Monsieur le Maire, cher ami, | Je vous prie de croire, Monsieur le Maire, cher ami, à mes sentiments les meilleurs. |
Quelques nuances aident à choisir. La « considération distinguée » est le registre neutre, valable pour un particulier comme pour un professionnel. La « respectueuse considération » ajoute une marque de déférence, appréciée lorsqu’on sollicite une faveur ou un rendez-vous. La « haute considération » souligne la solennité de l’échange : on la réserve plutôt aux courriers institutionnels, aux échanges entre organisations ou aux maires de grandes villes. Quant à l’expression de mes sentiments distingués, elle reste correcte, mais la tradition déconseille à un homme d’exprimer des « sentiments » à une femme dans un écrit officiel. Avec une élue, la considération évite toute ambiguïté.
Un mail envoyé à la mairie, ou directement au cabinet du maire, obéit aux mêmes exigences d’appel : « Monsieur le Maire, » ou « Madame la Maire, » en tête de message, jamais « Bonjour » seul lors d’un premier contact. La clôture, elle, peut se raccourcir sans perdre en tenue. « Avec ma respectueuse considération, » ou « Respectueusement, » suivis de votre nom complet suffisent. La phrase longue en « je vous prie d’agréer » reste toutefois possible et ne paraît jamais déplacée.
« Cordialement » est à proscrire pour un premier message. Il devient acceptable lorsque vous échangez déjà régulièrement avec les services municipaux sur un dossier en cours. Soignez aussi l’objet du mail (« Demande d’autorisation d’occupation du domaine public, rue des Lilas ») et ajoutez une signature complète : nom, adresse, téléphone, et pour un professionnel, fonction et raison sociale.
La formule finale gagne en naturel lorsqu’elle est précédée d’une phrase de transition liée à l’objet de la lettre. Voici les tournures qui fonctionnent le mieux selon les situations.
Lorsque c’est une société qui écrit, le support compte presque autant que les mots. Un logo net, des mentions légales complètes et une mise en page aérée crédibilisent la démarche auprès du cabinet du maire : notre guide Papier en tête explique comment choisir et personnaliser ce support avant impression.
Beaucoup de courriers ne sont pas adressés au maire lui-même mais à un élu de son équipe. Se tromper de titre n’est jamais dramatique, mais un intitulé exact montre que vous connaissez l’organisation de la commune.
Dernier cas fréquent : le maire qui préside aussi l’intercommunalité. Choisissez le titre lié à l’objet de votre lettre. Pour la collecte des déchets gérée par la communauté de communes, écrivez au président ; pour l’état civil ou le permis de construire, au maire.
Ces erreurs reviennent souvent dans les courriers reçus en mairie. Aucune ne bloquera le traitement de votre dossier, mais chacune donne une impression de négligence.
La lettre papier suit un ordre précis. En haut à gauche figurent vos nom, adresse et coordonnées. Plus bas, à droite, viennent le destinataire (« Monsieur le Maire, Mairie de Saint-Aubin, adresse complète »), puis le lieu et la date. L’objet, bref et explicite, précède la formule d’appel, placée seule sur sa ligne. Le corps du courrier suit, puis la formule finale, et enfin votre signature manuscrite au-dessus de vos prénom et nom. Pour une réclamation, un envoi en recommandé avec accusé de réception permet de conserver une trace datée.
Ce formalisme est propre à la correspondance externe. Les écrits internes d’une organisation répondent à d’autres codes, plus directs et sans formule d’appel protocolaire. Notre fiche Note de service détaille ces usages, tandis que la page Mémo circulaire compare les formats adaptés à une diffusion vers plusieurs destinataires. Avant d’envoyer votre lettre à la mairie, relisez simplement trois points : le genre de l’élu, la concordance entre appel et clôture, et l’orthographe du nom de la commune.
Oui, dans la formule d’appel, dans la clôture et lorsque vous interpellez directement l’élu. C’est une majuscule de déférence. Quand le mot désigne la fonction en général, par exemple « les compétences du maire », il s’écrit en minuscules.
Seulement si vous connaissez bien l’élu et que vous avez déjà échangé avec lui. Pour un premier courrier ou une démarche administrative, « Monsieur le Maire » sans adjectif reste la forme attendue.
Oui. La formule finale reprend exactement les mots de l’appel, placés entre deux virgules : si la lettre commence par « Madame la Maire », elle se termine avec ce même titre, sans variante.
Pas pour un premier message au maire. Il peut convenir dans un échange suivi avec un agent municipal. Pour l’élu, « Respectueusement » ou « Avec ma respectueuse considération » garde le bon niveau de politesse tout en restant bref.
Vérifiez d’abord sur le site de la commune ou l’annuaire de l’administration : l’information est publique. À défaut, « Madame, Monsieur le Maire » dépanne, mais elle trahit un manque de préparation et doit rester exceptionnelle.
Adressez votre courrier au maire, car c’est la fonction qui est sollicitée. Si l’adjoint vous répond par délégation, vous pourrez ensuite lui écrire directement avec « Monsieur l’Adjoint au Maire » ou « Madame l’Adjointe au Maire ».